vendredi 27 novembre 2009

L'étudiant est roi en Allemagne !

Après un mois de présence en cours – entre Vorlesung et Übung – je voulais livrer mes premières impressions, non sur le contenu des cours, mais sur la perception du français que je suis de la réalité universitaire outre-Rhin. Le principal constat est que (à l'image de ce que devrait être le client dans un restaurant – cela ne justifiant pas tout comportement bien sûr), sur le marché particulier des études, la Demande est reine. Ce qui signifie que l'Offre (professeurs et docteurs es qualité pour ceux qui auraient des soucis de compréhension) s'adapte aux étudiants : l'étudiant est en réalité maitre chez lui !

L'une de mes premières et sans aucun doute plus fortes découvertes concerne le rapport entre l'étudiant et le professeur, même si j'avais là-dessus une certaine idée au départ. Ainsi, il n'est pas rare de voir, en pleine Vorlesung (l'équivalent allemand d'un amphi), le professeur poser une ou plusieurs questions et attendre les réactions des étudiants. Ce cheminement, peut-être tiré de la méthode de Platon, permet au professeur d'aiguiller et d'aiguiser la réflexion et la critique de l'étudiant. Il est également tout à fait normal de lever la main en cas de question et d'interrompre le cours afin que le prof fournisse des explications ou reprenne tout simplement ce qu'il venait de dire. Chose qui n'est pas fréquente dans le système universitaire à la française.
Je pense que l'on voit très facilement par cet exemple que le rapport Offre de connaissance / Demande de connaissance se situe sur un pied d'égalité en Allemagne, tandis que le système français est plus dans une logique de domination du professeur sur l'étudiant (voir en ce sens, l'estrade indispensable). Pour schématiser rapidement, le professeur communique des savoirs aux étudiants (appelés pour l'occasion Monsieur/Madame – on fait les choses bien en Allemagne quand même ! ) dans un système tandis que dans l'autre, le professeur dicte des connaissances à des élèves. À voir, lequel porte le meilleur résultat ...

Cette première analyse ou impression faite, d'autres coutumes pour ainsi dire peuvent frapper un étudiant français, qui ne s'attend pas à découvrir un monde universitaire différent. Il est plus que fréquent de voir nombreuses bouteilles d'eau en cours accompagnant quelques sandwichs typiques bavarois sur les bancs de l'université. D'autant que les allemands ne connaissent qu'une seule eau – autre que la bière bien sûr – à savoir l'eau gazeuse ... Ce qui ne passe absolument pas inaperçu, lorsqu'un étudiant se trouve déshydraté ... Peut-être un peu plus surprenant (mais sans aucun doute légèrement moins que la suite) sont les sorties de cours. À n'importe quel moment des 2 heures de cours (soit dans le système allemand ... 90 minutes), l'étudiant peut se permettre de sortir de cours, et ce, pour n'importe quelle raison : autre cours en même temps, toilettes, eau ... L'autre jour, une étudiante est même sortie de cours pour répondre à son téléphone portable ... J'ai envie de dire : normal !
Last but not least (ce qui, à n'en pas douter reste la chose la plus effrayante pour un étudiant français), on peut sans problème se ramener en cours avec ... son gosse ou, encore mieux, son chien ! Ainsi, conjuguer études et vie familiale (et posséder un animal domestique, docile et obéissant – encore heureux d'ailleurs ! ) est tout à fait possible outre-Rhin. Et ce n'est pas forcément mal perçu. Bien sûr pauvres français que nous sommes, se retrouver en face d'une étudiante/maman allaitant son enfant en plein cours, parce qu'il a tout simplement faim, reste une chose assez ... peu commune voire perturbante !
Bref, tout ça pour quoi ? Seulement pour dire que, d'un point de vue français, l'étudiant allemand est maître en son domaine ! À méditer, sans aucun doute ...

jeudi 5 novembre 2009

La victoire bordelaise vue de l'autre côté du Rhin

Voilà le coup de sifflet final retentit dans le stade déjà à moitié vide du Bayern München et la désillusion de nos " amis " bavarois (peut-être pas pour l'occasion...) peut facilement se lire sur leurs visages. 2-0 chez soi en terres non allemandes mais bavaroises après s'être fait infliger un 2-1 (qui aurait pu être encore plus sévère à n'en pas douter) à l'extérieur. Cet extérieur n'étant même pas allemand mais bien outre-Rhin, français et ... bordelais !
Voilà c'en est fini des rêves munichois de devenir champions européens cette année et par la même occasion de faire oublier à leurs supporteurs le début de saison difficile, voire peut-être même catastrophique (6è après 11 journées et 19 points récoltés sur 33 possibles). D'ailleurs ça n'a pas raté, les journaux allemands ont dès le lendemain commenté cette défaite et en tête de liste on peut relever de nombreuses critiques envers l'entraineur Louis VAN GAAL (en place depuis 2009). Voir en ce sens, Bild, dont l'un des principaux titres est " Bayern katastrophgaal ". Et on parle même d'un changement d'entraineur malgré le contrat de 2 ans signé l'année dernière : Roberto MANCINI (ex-technicien de l'Inter de Milan) pourrait ainsi le remplacer prochainement (selon le site sport.24.com).
Mais laissons-là les pronostics et les commentaires (de gens beaucoup plus affutés et aptes à parler de ce genre de choses) pour se concentrer sur le ressenti d'un français en terres hostiles, lors des matchs aller et retour opposant les Girondins de Bordeaux et le Bayern München.
Tout d'abord, soyons francs, je ne suis pas un supporteur invétéré du foot ni de l'équipe bordelaise. À choisir une équipe française je pencherai pour le Stade Rennais (...) même si je dois le reconnaître le style de jeu de Bordeaux me plait de plus en plus. Bref, pour dire la vérité, rien que la vérité et toujours la vérité, la veille du match aller je ne savais même pas qu'il existait, jamais entendu parler ou jamais voulu en entendre parler ! Mais malgré tout me voilà transporté à la Theke et là découverte : un grand écran, des supporteurs munichois, des chopes de bières ... Bref l'ambiance d'un match de foot en Allemagne. Et là, deuxième découverte : c'est bel et bien le Bayern München qui joue à l'extérieur en terres bordelaises. Tout de suite, par instinct de contradiction, par élan patriotique surement, ou par je ne sais quel sentiment ou réaction, je me vois supporter les Girondins. Un français en Bavière se doit de supporter Bordeaux par l'analogie cérébrale toute simple suivante : Girondins de Bordeaux = Bordeaux = ville française = France !
Bref me voilà installé bien comme il faut à la Theke autour d'une bonne Helles et de quelques supporteurs concentrés. Seuls 2 français osent se manifester pour l'occasion... Ayant loupés le début du match, nous partons avec un handicap : Bordeaux est mené 1 à 0 au bout d'un quart-d'heure de jeu. Bon ce n'est pas grave, il y a encore du temps et somme toute, je crois aux chances bordelaises. Je dois le reconnaître, je suis très optimiste quand joue une équipe française, peut-être un peu trop des fois... À mettre sur le compte du patriotisme (bien que n'étant pas patriote " en temps normal "). Après la commande d'une petite sœur, la remontée victorieuse de Bordeaux se met en place et là renversement total de l'ambiance dans la salle : les supporteurs bavarois deviennent plus tendus et les deux français (nous en fin de compte) se mettent petit à petit à s'affirmer dans l'adversité, tel le village gaulois d'Asterix face aux romains ! Irréductibles, sûrs de soi et forcément très expressifs... Au moment où Bordeaux prenait l'avantage au score, on n'entendait plus que deux voix à la Theke ! À la fin du match, le serveur du bar, fair-play (il faut l'avouer et le reconnaître), nous a apporté une bouteille de mousseux au nom de la victoire bordelaise ! Dé-li-ci-eu-se ! Puis, on s'est pris à chanter la Marseillaise à deux reprises : il fallait quand même montrer qui était le chef, par Toutatis !! Une très bonne soirée à n'en pas douter (pour certains au contraire, l'après-match a été très dur : ainsi le coloc d'Anais semblait aux bords des larmes ...)
La trêve entre les deux matchs n'a pas été de tout repos surtout dans une WG remplie d'allemand(e)s dont 2 inconditionnels … du Bayern, évidemment. Donc j'ai eu le droit à à peu près tout : l'équipe bavaroise a mal joué, mais le match retour sera complètement différent ; cette fois Bordeaux sera à l'extérieur dans un stade aux couleurs de l'équipe locale ; deux jours avant le match, on a refait le match aller sur console (où j'ai perdu 2-1) ; le soir, on a même parié 50 cents sur l'issue du match. Forcément je prenais part au jeu et je chambrais mes colocs. Bref, le match arrive après une revue en règle des troupes : nous (français) devons nous retrouver pour regarder le match ensemble et supporter encore une fois les Girondins. Et là c'est l'hécatombe dans les rangs bavarois : le fil du match ne correspond pas du tout mais alors pas du tout au scénario envisagé a priori (oups, désolé la part de juriste qui est en moi ressurgit !). Outre le fait de ne pas ouvrir le score, le Bayern est vite dominé dans le jeu et au score. Et là, c'est la catastrophe, l'effarement total dans le bar, on sent la crispation sur tous les visages et nous (pauvres français : bah oui je veux dire, c'est pas notre faute si Bordeaux gagne quand même !) faisons beaucoup moins de bruit, de peur de voir une pinte voler à travers la salle. Bref, plus le temps s'écoule, plus les supporteurs se taisent et plus Bordeaux domine jusqu'à en planter un deuxième. De notre côté c'est une joie mitigée : exultation totale (intérieure) mais néanmoins tempérée (extérieure).
Cependant par respect pour les vaincus, la France s'est montrée soft ce soir-là, et on n'a ni chanté ni sorti le drapeau français (ramené quand même exprès pour l'occasion par Johann !). Après le match, j'appréhendais un peu le retour (triomphal) à la WG de peur de me voir expatrier ou répudier par certains de mes colocs... Mais finalement tout est rentré dans l'ordre : j'ai rejoint sans encombre ma chambre et Bordeaux continue son chemin dans la coupe européenne !